Newsletter n°26, février 2010

 

Edito
Séance inaugurale pour l’atelier « Objets communicants et intelligents » !
ipod – iphone – ipad : La révolution en marche
L’intelligence artificielle au service de la relation client
Quel futur pour l’Internet ?
Internet, Futur Simple, Passé composé.
Neelie Kroes : « Un marché unique en ligne européen »
Apple a osé !
Des nouvelles de l’atelier d’écriture
Menaces sur l’hébergement ?
La Commission européenne opposée à la taxe sur les opérateurs telecoms
Le pouvoir en embuscade
Le projet de recherche et technologie de l’Union Européenne : Euler

Agenda

 

EDITO

Depuis près de vingt ans, la régulation en France et en Europe est guidée par l’incitation à l’investissement dans les infrastructures.

Cette forme de régulation montre clairement ses limites :

  • elle favorise les acteurs ancrés dans des territoires, puissants investisseurs récompensés par des marges plus que confortables, plus préoccupés du retour sur investissement que d’innovations de rupture
  • elle assèche leurs capacités à innover dans des services, en les détournant de l’essentiel de leur métier : une offre de services attrayante pour leurs clients.
  • de plus, elle rend l’arbitrage sur la neutralité du Net trop simpliste.

L’absence d’offres européennes de services le démontre, à l’exception remarquable de Dailymotion bien sûr. La France et l’Europe doivent réagir, sous peine de voir se confirmer le déplacement de la valeur, des infrastructures vers les services et les terminaux, et de voir cette offre échapper au continent.
Et alors, que restera-t-il de nos champions télécom ? Opérateurs territoriaux (voir nationaux) et leurs constructeurs. L’Europe et la France doivent reprendre le flambeau de l’innovation dans les services. Après tout, le minitel a bien été le premier réseau grand public d’échange électronique, et il n’a décollé que quand l’innovation par les services a été possible, quand le réseau a été ouvert et l’innovation soutenue.
Quelle est la solution ? Un meilleur équilibre entre infrastructures et services.
Le débat doit être porté sur le fond, et la séparation fonctionnelle, si elle n’est pas nécessairement la solution, est, je crois, un thème permettant le débat. La solution n’est pas dans l’application stricto sensu de la séparation fonctionnelle, mais le débat sur cette séparation, dans le cadre de la généralisation du très haut débit, doit être ouvert, sans tabou, pour nous conduire vers une solution ou les collectivités territoriales retrouveraient leur rôle dans la gestion de leur territoire, en correspondance avec les d’investissements qu’elles consentent. Pour alimenter la réflexion, lire une courte synthèse sur la problématique de la séparation fonctionnelle sur Réseaux & Telecoms
Pour participer au débat, la page dédiée
Lire également les contributions dans cette lettre, et notre page sur "Quel futur pour Internet ?" avec les vidéos, les photos, CR et présentations de notre formidable événement.
Une triste nouvelle pour illustrer : le 25 janvier, Kartoo, du méta moteur de recherche cartographique a fermé ses portes. C’était une société de service, incontestablement innovante, et sur une activité éminemment stratégique. Dommage ! Et après combien d’autres (comme Violet, et son regrété lapin Nbaztag) Heureusement, l’innovation ne s’arrête pas !

À bientôt lors de nos prochains événements, les 9 et 25 mars

Philippe Recouppé
Président de Forum ATENA

 

Séance inaugurale pour l’atelier « Objets communicants et intelligents » !

mardi 9 mars à 18h30

inscription gratuite et obligatoire

Cette première accueillera un plateau d’entrepreneurs innovants, d’opérateurs de télécoms, d’investisseurs dans les TIC et de spécialistes des usages, pour confronter leur vision sur ces secteurs, à l’horizon 2012 :

  • quels seront les facteurs clés d’essor ou au contraire les facteurs bloquants ?
  • quelles applications sont-elles appelées à se développer à brève échéance ?
  • quels sont les besoins, les nouveaux usages possibles ?
  • quels emplois créés demain, et quelles entreprises ?

Le fameux « couple » produit-marché est-il identifié ? Ou sera-t-il un pluriel, une constellation de niches régies chacune par des règles particulières ?

… Beaucoup d’interrogations, sur un champ aurifère où l’incertitude autant que la créativité sera multiforme : nouvelles technologies, nouvelles interfaces, nouveaux référents tarifaires. 

… Quelques doutes aussi : les promesses ont été légion et, pour exemple, la domotique a de l’avenir depuis plus de trente ans maintenant. Ce « long passé d’avenir » pourrait être daté même d’un bon siècle, lorsque les ouvrages d’anticipation sur l’électricité promettaient des robots balayeurs et nettoyeurs obéissant à la parole de la maîtresse de maison.

Du rêve à la réalité, quelles recettes, quels modèles économiques, quels circuits de distribution  permettront d’accoucher de cette révolution ? Alchimie et talent, le débat vous attend avec sept experts :

  • Rafi Haladjian – fondateur ou co-fondateur notamment de FranceNet, Ozone, Violet (“lapin Nabaztag”) et actuellement de sen.se.
  • Jacques-Charles Flandrin – Vice-président de XMP business angels).
  • Eric Seuillet – Président de La fabrique du futur (analyse des usages TIC).
  • Michel Riguidel et Sylvie Vignes : les sauts technologiques en gestation.

Les orateurs d’Orange BS et de Bouygues Telecom seront prochainement précisés.

Durée : environ 2 heures

Lieu : Ecole Télécom ParisTech
46 rue Barrault, 75013, métro Corvisart (ligne 6), amphithéâtre Emeraude.
inscription gratuite et obligatoire

Philippe Laurier
Président de l’atelier Objets Communicants

 

ipod – iphone – ipad : La révolution en marche

Mardi 25 mars – 19h00 – Telecom ParisTech

 
 

Enfin ! Apple a osé lancer une tablette et propose donc l’iPad, lancé en fanfare sans qu’on sache de quoi il s’agit vraiement : un gadget qui sera le cadet des soucis de la marque et qui finira au fond d’un placard (qu’on songe à l’AppleTV) ou est un des fers de lance de la firme de Cupertino pour les années à venir.

Pour comprendre l’iPad il faut connaître le format habituel des présentations de Steve Jobs qui sont des exercices très formalisés (à lire bientôt dans un livre en français, aux éditions Télémaque, traduit par François Druel). La question est donc : quel est l’ennemi ? 

Au cours de sa présentation, Steve Jobs a désigné les netbooks ; mais c’est sans doute un leurre : il y a, en effet,  une pépite au coeur de l’iPad : c’est iBooks. Ce n’est pas une innovation, mais la voilà la nouveauté apportée par l’iPad !

Et cette nouveauté va obliger à prendre position sur un marché en devenir : celui de la distribution des biens culturels numériques. 

Au cours de cet événement, François Druel reviendra sur l’aventure d’Apple dans le temps, depuis le lancement de l’ipod, ainsi que sur les techniques employées par Steve Jobs, surnommé le "magicien". En résumé, il vous révélera les secrets du succès d’Apple et cherchera à répondre à cette question : comment Apple s’y prend-elle pour générer de la valeur depuis plus de 25 ans ?

A propos de l’intervenant : François Druel, www.francoisdruel.fr est docteur en ingénierie de l’innovation et consultant. Il a commencé son parcours professionnel comme adjoint de JM Billaut à l’Atelier de la Compagnie Bancaire, avant d’être co-fondateur de Business Village tout en étant secrétaire général de l’AFA. Il rejoint ensuite Wanadoo Portails, en charge de la stratégie e-commerce.  Puis, il dirige l’extranet des clients grands compte pour le compte d’Orange Business Services.

Spécialiste de la conception de solutions innovantes, il crée en 2007 FD Conseil, cabinet de conseil qu’il dirige. Il est également le traducteur de plusieurs livres d’innovation, dont un "La méthode Google" (Ed. Télémaque 2009) et un Les secrets des présentations de Steve Jobs (à paraître, aux éditions Télémaque).

 

L’intelligence Artificielle au service de la relation client

Venez découvrir les solutions lors d’un atelier débat, à l’ECHANGEUR, mardi 20 avril 2010, de 18h à 20h.

L’évolution des modes relationnels allant du courrier papier aux réseaux sociaux (Twitter, Facebook, …) a pour conséquence d’augmenter les flux entrant à traiter avec un spectre très large de médias utilisés.

A l’instar du monde industriel, les services peuvent désormais bénéficier des opportunités de productivité et de qualité offertes par les outils d’intelligence artificielle, sémantique, langage naturel, base de connaissance, …

Par ailleurs, selon l’étude Vision Dirigeants, Internet et la Relation Client de l’AFRC, les entreprises prévoient en priorité l’utilisation des outils de gestion des emails suivie des outils d’identification et de veille.

La maturité de ces technologies permet de répondre à de nombreux usages dont :

  • Gestion des courriers et courriels
  • Personnalisation des pages web et marketing véritablement one2one
  • FAQ dynamique
  • Structuration des demandes client
  • Agent conversationnel intelligent
  • Optimisation des formulaires et de la prise de commande
  • Optimisation du temps de réaction (statistiques de pilotage, alertes, …)
  • Harmonisation de la qualité de services multicanale
  • Mesure de la e-réputation

Inscription Gratuite mais Obligatoire 

Philippe Poux
Président de l’atelier Solutions Vocales & Relation Client

 

 

Quel futur pour l’Internet ?

Ce 21 janvier, l’association Forum ATENA a réuni ceux qui furent, dans les années 70, les trois pères de l’Internet, Vinton Cerf, vice président de Google, en charge des nouvelles technologies, à l’origine des protocoles TCP/IP, Robert Kahn président de la Corporation for National Research Initiatives, architecte du projet ARPANET et Louis Pouzin qui a inventé la notion de datagramme dans le cadre du projet Cyclades. Avec eux sont intervenus également d’autres ténors de l’Internet comme Michel Riguidel, professeur émérite à Télécom ParisTech et Joao da Silva, directeur du groupe "Future Internet" à la Commission Européenne, pour donner leurs vues sur la question du futur de l’Internet. Les présentations, images et vidéos sont sur la page dédiée.

Vinton CerfBob KahnLouis Pouzin

Des interventions de Vinton Cerf et de Louis Pouzin, on retient que le « cloud computing » ou intelligence informatique répartie dans le nuage, devrait être l’architecture de l’Internet de demain, avec pour ambition une réduction des dépenses énergétiques. La migration d’IPv4 à IPv6 marquera l’un des principaux défis de ces prochaines années, d’autant plus que les adresses IPv4 connaîtront une pénurie dans les deux ans qui viennent et il faudra alors très vite passer à l’IPv6. L’accès à Internet devrait, quant à lui, s’étendre au plus grand nombre et son champ d’accès sera largement amplifié par l’arrivée massive des smartphones.

Pour Jean-François Morfin, ardent défenseur de l’internationalisation de l’Internet, la toile soutendra, au-delà de l’Internet des données, un Internet des cultures dans la langue de chaque pays. Les adresses e-mail et les URL des pages Web vont cesser de n’accepter que des caractères latins et vont même s’ouvrir aux idéogrammes chinois. L’ICANN , pour ne pas entraîner une dérégulation de l’Internet, vient d’accepter cette révolution. Les moteurs de recherche ne fonctionneront plus seulement à partir de mots clés dans les requêtes, mais interprèteront et comprendront les intentions des utilisateurs d’après leurs requêtes en langage naturel et leur historique de navigation sur le Web, pour leur servir des pages Web les mieux adaptées à l’esprit de leurs demandes.

JefSeyJoao da SilvaMichel RiguidelMichel CharronNicolas Arpagian

Pour Louis Pouzin, « L’Internet d’aujourd’hui est le même que celui créé en 1983, c’est-à-dire un réseau expérimental bourré de défauts ». Cette vision pessimiste est due au fait qu’il constate que l’Internet n’a plus bénéficié des apports de la recherche depuis qu’il a pris un virage vers le commerce électronique qui vise avant tout le profit à court terme. Toutefois, « on ne peut pas mettre l’Internet d’aujourd’hui à la poubelle. L’Internet du futur devra coexister et être interopérable avec l’Internet historique ». Les Chinois qui sont parti de zéro n’ont pas eu de mal pour s’équiper de routeurs et autres équipements IPv6, mais les Américains et les Européens, déjà abondamment équipés en IPv4, trainent avec eux le poids de leur passé.
Michel Riguidel donne sa vision de l’avenir en expliquant que l’Internet du futur sera polymorphe, et ne doit pas uniquement être vu comme un système de nœuds et de liens, mais comme un système poreux et ubiquitaire. Les menaces qui s’abattront demain sur la toile sont sans commune mesure avec celles que nous connaissons aujourd’hui. Une sensibilisation à la sécurité sera incontournable pour établir un « Internet de confiance ». Pour Robert Kahn, la sécurité passera par des PKI (Public Key Infrastructures) généralisées et pour Michel Riguidel, elle passe par des solutions établissant à coup sûr la non répudiation qui fera réfléchir les cybercriminels. Pour Louis Pouzin l’établissement d’un droit international très strict, et accepté sera indispensable, si tant est qu’on ne soit pas ici dans le domaine de la pure utopie.
La gouvernance de l’Internet devient un enjeu stratégique. son centre de gravité migre aujourd’hui vers l’Asie, et se situera entre Bombay et Pékin. Aujourd’hui encore les Américains ne sont pas prêts à céder leur monopole, mais les Chinois ont déjà créé leur propre internet, peu relié à la toile mondiale et il semble évident que d’autres pays ou continents les suivront.

Gérard Peliks
Président de l’atelier sécurité

 

Contrepoint    ;-)

Internet, Futur Simple, Passé composé.

Salut les anciens ! Quelques salutations distinguées des élevés au TCP/IP, ainsi que quelques pensées sur la conférence « Futur de l’Internet » que vous avez donnée sur le toit de la Grande Arche de la Défense.

On s’est dit que notre point de vue valait peut-être aussi la peine d’être exprimé. Ce réseau sur lequel certains font des plans de fric et de sécurité outrancière, nous sommes quasiment nés avec. Ça fera bientôt plus de quinze ans qu’on a commencé à le pratiquer, à y participer. Et ça a pris une telle ampleur, que c’est même devenu notre mode de fonctionnement, notre culture. Pourquoi les jeunes comme nous sont-ils restés les grands inconnus de vos interventions ?

L’internet du wiki, de l’échange, du partage et de la contribution libre ne doit pas faire peur. La vie qui voyagerait dans votre réseau, l’idée humaniste d’un partage des savoirs, et d’une forme de communication singulière révolutionnant le rapport à l’autre, ne nous semblent pas être rentrés dans les protocoles techniques. Mais il est fini, le temps de faire l’autruche. Que vous l’ayez voulu on non, voici ce que vous avez créé. Il va falloir l’assumer et agir en conséquences car sinon, le futur d’Internet se fera désormais sans vous.

Nous sommes ravis d’avoir constaté que nous n’avons pas existé à vos yeux.
À très vite, bisous.
Les élevés au TCP/IP : sir.salmon (at) rocketmail.com & imir.kaz (at) gmail.com

 

 

Neelie Kroes : « Un marché unique en ligne européen »

En fait. Les 14 et 19 janvier, la commissaire européenne Neelie Kroes – auparavant chargée de la concurrence – a été auditionnée à deux reprises par le Parlement européen à Bruxelles.
C’est ce 10 février qu’elle prendra officiellement le portefeuille « Agenda numérique ».
En clair. Ce n’était pas gagné d’avance ! D’autant qu’une partie des eurodéputés, qui ont auditionné Neelie Kroes, n’avaient pas été pleinement convaincus la première fois. Il faut dire que l’ancienne commissaire européenne à la Concurrence hérite des dossiers épineux de Viviane Reding.

Sur la neutralité de l’Internet, que le Parlement de Strasbourg examinera cette année, elle a déclaré qu’elle « protègera » le principe. « [Les fournisseurs d’accès à Internet] ne devraient pas être autorisés à limiter l’accès au service ou le contenu pour des motivations commerciales, mais seulement en cas de problèmes de sécurité et de spam ». Sur la mise en place en Europe d’un marché unique en ligne, elle a affirmé que « ce n’[était] pas un but en soi, mais un moyen d’apporter des changements » et qu’elle entend y parvenir d’ici la fin de son mandat. Cela suppose une « disponibilité totale du haut débit ». Sur la propriété intellectuelle, Neelie Kroes a estimé que la législation européenne dans le domaine du droit d’auteur était encore « un patchwork de règles nationales » et a rappelé l’engagement pris par les sociétés d’auteurs de mettre en place des « licences multi territoriales ». La Néerlandaise a en outre appâté les eurodéputés, dont Catherine Trautmann, avec les négociations internationales sur un texte « anti-contrefaçon » dit ACTA qui n’irait pas au-delà de ce qui prévu dans le Paquet télécom adopté en fin novembre dernier en matière d’Internet (coupure de l’accès après un procès équitable) et de droit fondamental (voir EM@ n°1). Sur la lutte contre la cyber criminalité, la commissaire désignée a répondu sur la nécessité d’un Office de régulation du cyberespace de l’Union européenne. Elle n’y est pas très favorable et lui préfère une plus grande coopération entre les Etats membres et un rôle accru de l’actuelle agence Enisa (3). Objectif : faire du Net en Europe « l’endroit le plus sûr pour les consommateurs ». Sur le dividende numérique (les fréquences dites en or libérées d’ici à 2012 par l’extinction de la diffusion analogique au profit de la télévision numérique), la commissaire rappelle l’initiative du Parlement européen d’organiser un sommet sur le spectre afin d’harmoniser les politiques et d’aboutir à un marché unique. Dans sa réponse écrite aux eurodéputés datée du 22 décembre 2009, Neelie Kroes fixe comme objectif « d’offrir à tous les Européens l’accès aux (…) haut débit (…) d’ici à 2013 ». @

 

Publié par Edition Multimédi@ Economie numérique et nouveaux médias
Charles de Laubier
Pour tout contact : editionmultimedia (at) sfr.fr

« Edition Multimédi@ » est une lettre d’information professionnelle sur l’économie numérique et les nouveaux médias. « Edition Multimédi@ » est vendu uniquement par abonnement : pour recevoir trois numéros gratuitement, il suffit d’envoyer ses coordonnées complètes avec e-mail à editionmultimedia (at) sfr.fr

 

Apple a osé !

Enfin ! Apple a osé lancer une tablette et propose donc l’iPad, lancé en fanfare sans qu’on sache s’il s’agit d’un gadget qui sera le cadets des soucis de la marque et qui finira au fond d’un placard (qu’on songe à l’AppleTV) ou si, au contraire, l’iPad est un des fers de lance de la firme de Cupertino pour les années à venir.
Comme nombre de produits lancés par Apple, l’iPad a créé un buzz assez conséquent, mais, somme toutes, les avis convergent plutôt : il ne s’agit apparemment que d’une sorte d’iPod Touch géant dont on ne sait pas trop quoi faire. Un produit hybride dont les usages restent à inventer. Je ne peux que vous encourager à lire les excellentes notes de CaseyNeiba (http://www.wedothings.fr) , Daniel Glazman (http://www.glazman.org) ou Jean-Michel Planche (http://www.jmp.net). Leurs trois avis se complètent assez bien.
Pour le moment il s’agit d’un produit qui manque de maturité. C’est d’autant plus surprenant qu’Apple n’a pas pour habitude de lancer des produits semi-finis. Qu’il s’agisse du Macintosh, de l’iPhone ou même de l’Apple TV, ces produits étaient aboutis le jour de leur lancement. Or, avec l’iPad il n’en est rien : la taille de la machine (qui dispose d’un écran de 9,7″ de diagonale) et son format (4/3, qu’Apple a abandonné il y a près de 10 ans) sont incompréhensibles (ce n’est ni un A4, ni un A5, ni même un Legal ou un 1/2 legal). Idem avec la résolution de l’écran (1024×768 avec une densité de 132 ppp) qui semble hors d’âge. Je ne parle même pas du processeur (fabriqué par Apple, une grande première, fruit du rachat du fondeur PA Semi) ou de l’OS utilisé (iPhone OS 3.2). Tout ça donne une belle impression de bricolage.
Impression naturellement dûe au caractère hybride d’un matériel dont rien n’indique s’il s’agit d’un produit autonome ou d’un quelconque compagnon d’un service ou d’un autre produit. Pour acheter l’iPad, il va falloir, comme souvent, attendre une « révision B » : machine mieux finie, plus puissante, avec un OS adapté…
On peut penser que la prochaine version aura deux déclinaisons : une amélioration de la version grand public (iPhone OS 4 et quelques bricoles) mais surtout, l’introduction d’une déclinaison « pro » : écran 13″, MacOS X « mobile », multi-tâche, capacité de 32,64 ou 120 Mo en SSD… c’est à dire non pas un « gros iPod Touch » mais un remplaçant du Macbook Air,avec un prix à partir de $750 (segment de prix « premium moins » d’où Apple est absente)… enfin là, je rêve sans doute un peu. Pourtant l’important n’est pas là.
Pour comprendre l’iPad il faut connaître le format habituel des présentations de Steve Jobs qui sont des exercices très formalisés (vous aurez bientôt l’occasion de lire ça en français, aux éditions Télémaque dès que j’aurais achevé ma traduction en cours). La question est donc : quel est l’ennemi ? En effet, Apple n’introduit jamais de nouveau produit sans désigner un « ennemi », un produit concurrent qu’Apple va détrôner grâce à son inventivité et son sens de la perfection. Le Macintosh était l’anti PC, l’iPod était l’anti lecteur de CD portable, l’iPhone était l’anti Blackberry.
Quel est donc l’ennemi que l’iPad veut contrer ? Au cours de sa présentation, Steve Jobs a désigné les netbooks ; mais c’est un leurre : l’ennemi que désigne Apple au travers de l’iPad, c’est Amazon, son Kindle et son modèle de vente de biens culturels numériques. Et sur ce terrain là, Apple règne en maître : depuis l’apparition du Macintosh, Apple ne fait que générer de la valeur en créant des interactions (comme je l’ai démontré dans ma newsletter de février 2009).
Il y a au coeur de l’iPad une pépite : c’est iBooks. Apple a créé l’interaction Macintosh/MacOS puis iPod/ITunes Music Store puis, plus récemment, iPhone / AppStore. Apple vient de créer une nouvelle interaction : iPad / iBook Store. Ce n’est pas une innovation, mais la voilà la nouveauté apportée par l’iPad !
Et cette nouveauté va obliger à prendre position sur un marché en devenir : celui de la distribution des biens culturels numériques. Une triple bataille s’engage : celle des terminaux (iPad, Kindle, autre), celle des formats (propriétaire pour le Kindle et ouvert — une grande première — pour Apple) et celle enfin de la distribution : Amazon.com pour Amazon et iBooks Store pour Apple.
Pour cette bataille Apple part armée d’un véritable arsenal : Apple sait distribuer, vendre et diffuser toute la gamme des biens culturels numériques : musique, video, depuis longtemps ; films et podcasts. C’est maintenant au tour des livres et de toute l’industrie du « print » (et de ses habitudes en matière de publicité). Apple a passé des accords avec la plupart des majors de la musique et du divertissement… Apple est en passe de devenir le plus grand distributeur culturel de la planète ! A mettre en parallèle avec le fait que Steve Jobs est le 1er investisseur de Disney… ça laisse rêveur.
Par dessus le marché, Apple est une entreprise riche et qui sait générer de très fortes marges. On peut ajouter que c’est un des plus gros vendeur de musique du monde. Il ne faut pas vendre la peau de l’ours, mais Amazon et ses entrepôts regorgeant de papier a du mouron à se faire.
Ah, oui, une dernière petite chose : dans ma newsletter numéro 5, je cherchais quel pourrait bien être le concurrent de Google et de son « middleware ». Le nombre de clients enregistrés dans les bases de données d’Apple est moins important que celui des utilisateurs de Google… mais les clients d’Apple ont indiqué leur numéro de carte bancaire. Une « petite différence » qui peut jouer un grand rôle, quand tout n’est qu’à un clic de distance. Apple nous confirme là sa vision de la création de valeur : en faisant de l’iPad une sorte de « compagnon internet », Apple ne va pas s’épuiser dans une course à la part de marché, qui a tout d’une fuite en avant.
C’est par la fidélisation à sa marque et à ses services que la firme de Cupertino veut pérenniser ses positions sur un marché qui n’a plus beaucoup de secrets pour elle… France Loisir a fait les choux gras de Bertelsmann… l’iBookStore a de bonne chance de rejoindre la famille des vaches à lait d’Apple…

Francois Druel 

 

Des nouvelles de l’atelier d’écriture

Notre bibiothèque est maintenant riche de deux ouvrages :

  • La Sécurité à l’usage des Collectivités locales et territoriales
  • WiMAX à l’usage des communications haut-débit.

Vous pouvez les acheter directement à la boutique Lulu : stores.lulu.com/forumatena

Et si le Père Noël vous a gâté avec un de ces petits appareils (dont je tairai le nom, chut ! pas de pub) vous pourrez même vous les procurer sons forme d’e-book !
J’ai élargi le cadre de notre futur livre sur les réseaux sans infrastructure dédiée en incluant le thème du choix d’architecture de réseaux sans fil.
Faites-nous part de votre expérience, de votre avis concernant l’utilisation de tel ou tel type d’architecture de réseau, des complémentarités entre eux, des retours d’expérience, des caractéristiques avantages/inconvénients de chacun d’entre eux…. Nous avons déjà une contribution de Garry Goldenberg d’Alvarion concernant les architectures de réseaux de vidéosurveillance.
Enfin, la surprise de début d’année : encore un nouveau livre en chantier !
Celui-ci traitera de ce que les nouvelles technologies ont changé dans nos comportements et dans celui des entreprises : l’Internet, la dématérialisation, le e-business, le téléphone comme outil d’interopérabilité., le nomadisme, etc. Le sujet est vaste et ma proposition très loin d’être complète. Je suis sûre que vous avez beaucoup à dire là dessus. N’hésitez pas à me faire part de vos suggestions et de vos propostions d’articles.
Rendez-vous à la page de l’atelier d’écriture pour voir les modalités et l’assistance qui peut vous être fournie à la rédaction de ces ouvrages collectifs.
Contactez-moi et sélectionnez "atelier d’écriture"

A vos plumes !!!

Encore une chose : le livre blanc sur la famille 802.11 "802.11 dans tous ses états" a été mis à jour pour inclure les dernières nouveautés de l’IEEE. Téléchargez gratuitement la nouvelle version.

Michèle Germain
Déléguée Atelier d’écriture

 

 

Menaces sur l’hébergement ?

La 1ère chambre civile de la Cour de Cassation remet le droit à l’endroit. Le "web 2.0 juridique" se dégonfle.

Interview dans 01Net de Jean-Claude PATIN dans lequel des explications sont données sur le sens de l’arrêt rendu par la Cour. L’affaire, banale, part d’un défaut d’identification du responsable du site, rendant toute traçabilité impossible. L’hébergeur, négligeant, ne vérifie pas les données qui sont manifestement fantaisistes (Nom: Bande Prénom: dessinée), attirant alors sur lui la curiosité des avocats des plaignants qui cherchent à faire cesser la contrefaçon qu’ils ont constaté sur le site internet. L’hébergeur, normalement neutre, prête en réalité ici son concours à la création du site web. La Cour d’appel qualifie l’hébergeur d’éditeur et lui dénie le bénéfice du régime dérogatoire de responsabilité  instauré par la loi du 1er Août 2000. Qualifié d’arrêt d’espèce par de nombreux militants du concept marketing "2.0", il vient pourtant d’être confirmé par la 1ère chambre civile de la Cour de Cassation qui vient à son tour renforcer le mouvement amorcé par la chambre commerciale le 21 octobre 2008 (n° pourvoi 07-14979) dans un problème de droit similaire.
Au delà des oripeaux marketing, le juge suprême rappelle deux évidences que certains ont voulu ou veulent encore ignorer:
– Un régime dérogatoire est un régime d’exception qui se rattache nécessairement à un régime de droit commun. Comme toute exception, elle doit être appréciée avec rigueur afin que l’exception ne devienne pas la règle.
– Ce que l’on fait détermine ce que l’on est. L’hébergeur bénéficie d’un régime dérogatoire parce qu’il doit rester neutre, comme le fournisseur d’accès. Dès lors qu’il intervient dans le processus de création et/ou de publication du contenu, il rompt sa neutralité et sort du périmètre de l’hébergement.
Cette affaire renvoit à une affaire qui elle aussi a fait couler beaucoup d’encre, la copie privée et le piratage sur internet. Les mêmes affirmations illogiques avaient été soutenues pour défendre un droit à la copie privée, la même sanction était finalement intervenue par la bouche des haut magistrats. Fait remarquable, en rappelant le même principe: l’accessoire suit l’essentiel, pas l’inverse…

L’hébergement, l’hébergeur, il est plus que temps de s’intéresser à ce secteur trop méconnu de la plupart et trop souvent confondu avec les opérateurs télécom et autre FAI.

Jean Claude Patin
Atelier Hébergement

 

La Commission européenne opposée à la taxe sur les opérateurs telecoms

La Commission européenne a ouvert une procédure contre la France concernant la taxe sur les opérateurs télécoms. Pour mémoire, cette taxe devait permettre de compenser la fin de la publicité sur les chaînes publiques de télévision, en d’autres termes, subventionner un acteur public en sur-ponctionnant des activités rentables.

La Commission européenne juge que cette taxe constitue une charge administrative incompatible avec la loi européenne. "J’ai exprimé à plusieurs reprises des doutes sur cette taxe telecoms. Non seulement car elle est contraire aux règles européennes mais aussi car elle concerne un secteur en pleine croissance. Il y a un risque que cela se répercute sur la facture des consommateurs" a déclaré la commissaire européenne en charge du dossier, Viviane Reding.

 

Le pouvoir en embuscade

ou Gouvernance de l’Internet : publique ou privée ?
La naissance de l’Internet est encore fraîche dans notre mémoire collective. Un élan utopique a mobilisé des milliers de chercheurs, ingénieurs et activistes de tous pays dans un même rêve universaliste d’échange, de partage et de construction d’un monde nouveau, affranchi des pesanteurs de l’histoire par la science et la technologie.
La majorité étaient de dignes enfants de Woodstock, enivrés d’idéaux et rebelles à toute autorité.
Les années ont passé. Beaucoup d’entre nous sont devenus des business men et, de leur origine, il ne semble souvent rester que l’hostilité à toute régulation.
Le 27 janvier 2010, l’Agence France Presse (AFP) a diffusé un article (1) basé sur un entretien avec Rod Beckstrom, le chief executive officer et président de l’ICANN (2) depuis fin juin 2009, après avoir été le directeur de l’U.S. National Cybersecurity Center (NCSC), organisme où coopèrent les spécialistes de la sécurité civils et militaires.
Le « patron de l’Internet » y fustige des projets de « réseaux parallèles », faisant allusion à des initiatives en travaux chez des nations qu’il se refuse à nommer (unnamed nations). Il n’hésite pas cependant à qualifier ces projets de private business : il laisse entendre a contrario que l’ICANN, et elle seule, incarnerait l’intérêt général et nie tout simplement la souveraineté de l’Union européenne, de la Chine, de la Russie et des peuples en général.
Il tente par ailleurs de dissuader de tels projets, selon lui forcément voués à l’échec, et agite la spectre du chaos en prédisant des conflits de nommage.
Sans même être technicien, on peut s’étonner qu’il soit dénoncé comme hérétique de constituer des réseaux régionaux, dans un Internet qui a toujours été défini comme réseau de réseaux. On ne voit pas ce qui empêcherait l’interconnexion de tels réseaux et de leurs annuaires respectifs.
Rod Beckstrom affirme implicitement qu’il n’existerait qu’une seule façon de gérer l’interconnexion, sa forme monopoliste et centralisée actuelle, et qu’elle serait la meilleure possible.
Annoncer l’échec de toute autre vision est une « imprécation », à la fois une manifestation d’autorité et peut-être aussi une menace voilée. Cela ressemble fort à cette forme d’action par le langage analysée par les linguistes : « Dire, c’est faire. » (3) Prédire l’échec, c’est faire échouer. Ou du moins essayer.
Ainsi Rod Beckstrom, à la tête d’une association privée californienne, s’autoproclame au dessus des États qu’il traite même d’agents « privés » . C’est d’ailleurs une récidive : on se rappelle les imprécations de l’IAB (4) en 2000 qui ont entouré l’apparition de DNS dits « alternatifs » (5).
Bizarrement, lorsque c’est Google qui, à son tour, le 3 décembre 2009, lance son propre DNS, le Google Public DNS, pas de commentaire dissuasif de l’ICANN, de l’ISOC ou de l’IETF…
En quoi le DNS de Google serait-il « public » ?
Il se présente, certes, comme un service gratuit et ouvert à tous.
Cela rend-il pour autant public un service géré par une société californienne, et qui, de surcroît, utilise un dispositif logiciel qui n’est pas ouvert ? (6)
Notons aussi que, selon un ingénieur de chez IBM interrogé par Forbes, les routeurs de société Cisco Systems Inc. sont dotés de portes dérobées (backdoors), sortes de mouchards dont la consultation est invisible, ne laisse pas de traces. (7)
La Californie, qui abrite Google, Verisign, Cisco et l’Icann — mais aussi Facebook, Twitter et bien d’autres — ne fait pas partie, sauf erreur, des États américains qui ont refusé d’appliquer le Patriot Act (8), permettant, entre autres, au FBI d’avoir accès, sans réquisition judiciaire, au contenu des communications électroniques gérées par les entreprises privés et publiques situées sur son territoire. La concentration d’entreprises mastodontes de l’Internet et leur proximité avec la face la plus sombre du gouvernement états-unien fait de la Californie le premier candidat à l’abus de pouvoir.
Quand toutes les activités diplomatiques, politiques, économiques et citoyennes du monde entier sont à ce point exposées aux écoutes, voire à des « pannes » en cas de désaccord, qui est le garant de l’intérêt général ?
En résumé, il semble bien que la tentation du pouvoir reste vivace aux Etats Unis, même si la doctrine affichée, par le Président Obama et aussi par la CIA dans son dernier rapport (9), est celle d’un monde multipolaire.
Dominique Lacroix
Auditeur de la Société française de l’Internet (SFI)
Déléguée éducation-formation

Rappel succinct de l’évolution du cadre juridique

 

Pour mémoire, l’ICANN (2) est une non-profit corporation californienne créée en 1998 et qui gère, par délégation du gouvernement états-unien, les ressources les plus critiques de l’Internet, notamment l’annuaire central établissant la correspondance des adresses IP avec des noms de domaines dont il contrôle la création et le commerce.

Cette délégation était régie, jusqu’en septembre 2009, par un contrat signé avec le département états-unien du commerce (10), le Joint Project Agreement ou JPA (11).

Un changement symbolique est intervenu en septembre 2009, probablement sous la pression des demandes répétées de nombreuses parties prenantes, États, entreprises et organisations citoyennes, exprimées entre autres au sein des Forums sur la gouvernance de l’Internet (12) lors de débats sur les ressources critiques (13). Le 4 mai 2009, Viviane Reding, alors Commissaire en charge de la société de l’information et des médias, a écrit au Président Obama pour recommander une corégulation de l’Internet par l’ICANN sous contrôle d’un « G12 » composé de représentants des différents continents. (14)

Le JPA n’a pas été renouvelé. Le 29 septembre il a été transformé en Affirmation of Commitments ou AOC (15), qui reste un contrat entre le Ministère du commerce états-unien et l’ICANN.

Cette « affirmation d’engagements » prévoit la mise en place de comités d’audit (review teams), dont l’un porte sur la responsabilité et la transparence (Ensuring accountability, transparency and the interest of global Internet users).

En effet, l‘ICANN se présente elle-même comme « partenariat public-privé » (16). Qui est la partie publique si un réel dispositif de contrôle n’est pas aménagé dans l’intérêt général ?

Sans vouloir trancher entre optimistes et sceptiques à propos de la réalité du partage de pouvoir à attendre de l’ICANN et du gouvernement des États-Unis, force est de constater que les premiers signes ne sont guère encourageants.

La première formulation des modalités de contrôle qu’il est prévu par l’ICANN de mettre en œuvre a tout simplement « oublié » d’inclure un audit du budget. De plus, les auditeurs seront en majorité nommés par l’ICANN, là où tous les contre-pouvoirs sérieux ont recours à des autorités indépendantes.(17)

 

Par ailleurs, la « fonction IANA », qui comprend notamment la gestion de la racine DNS et l’allocation des adresses IP reste au sein de l’IANA (18), gérée par l’ICANN depuis 1998, selon les termes d’un contrat avec le Département du commerce états-unien qui, lui, a été renouvelé en 2009 jusqu’au 30 septembre 2010. (19)

Enfin, la société commerciale californienne VeriSign Inc, côtée au NASDAQ, gère les bases de données qui déterminent l’interprétation des adresses Internet des domaines .com et .net., les plus nombreuses de l’Internet, en vertu d’une délégation de l’ICANN.

Voir par exemple

  1. http://ca.news.yahoo.com/s/afp/100128/technology/us_it_computer_internet_security_icann
  2. Internet Corporation for Assigned Names and Numbers,
  3. http://www.icann.org
  4. Quand dire, c’est faire, John Austin, 1962, trad. fr. 1970, rééd. Seuil, coll. Points essais, 1991
  5. IAB, Internet Architecture Board (http://www.iab.org/) est un comité de l’IETF, Internet Engineering Task Force (http://www.ietf.org/)
  6. http://tools.ietf.org/html/rfc2826
  7. http://code.google.com/intl/fr/speed/public-dns/faq.html#bind
  8. http://www.forbes.com/2010/02/03/hackers-networking-equipment-technology-security-cisco.html?feed=rss_technology_security
  9. http://www.reformthepatriotact.org/
  10. http://www.dni.gov/nic/NIC_2025_project.html
  11. The U.S. Department of Commerce (Department),
  12. http://www.commerce.gov/
  13. http://www.ntia.doc.gov/ntiahome/domainname/agreements/jpa/ICANNJPA_09292006.htm
  14. Internet Governance Forum, http://www.intgovforum.org, dialogue organisé entre les parties prenantes sur mandat du Sommet mondial sur la société de l’Information (SMSI, World Summit on the Information Society, WSIS) des Nations Unies.
  15. Agenda de Tunis, 2005 :
  16. http://www.itu.int/wsis/docs2/tunis/off/6rev1-fr.html
        1. Observations de Louis Pouzin sur le Forum d’Athènes d’octobre 2006 : http://www.domainesinfo.fr/actualite/1136/forum-de-la-gouvernance-internet-ou-en-est-on.php
  17. http://ec.europa.eu/commission_barroso/reding/video/20090504/index_en.htm
  18. AOC :http://www.icann.org/en/announcements/announcement-30sep09-en.htm
  19. http://www.icann.org/tr/french.html
  20. http://www.icann.org/fr/announcements/announcement-26dec09-fr.htm
  21. et DNS News de janvier 2010 http://www.dns-news.fr/
  22. Internet Assigned Numbers Authorityhttp://www.iana.org
  23. http://www.ntia.doc.gov/ntiahome/domainname/iana.htm

 

Le projet de recherche et technologie  de l’Union Européenne : Euler 
 

Des entreprises adhérentes à Forum ATENA, avec des membres actifs de l’association, ont participé au projet Euler, grand projet Recherche et Technologie de l’Union Européenne dans le 7e programme-cadre, pour avancer sur l’interopérabilité et les nouveaux besoins de communication pour les services d’urgence et de sécurité lors d’interventions conjointes tant au plan national qu’international

Nous vous donnons ici un aperçu de ses travaux.

Contexte
La gestion de crise est l’ensemble des modes d’organisation, des techniques et des moyens qui permettent aux services de sécurité civile de se préparer et de faire face à des situations d’urgence telles que des catastrophes naturelles ou industrielles, des attentats terroristes …

 

La gestion de crise requiert de la part des autorités responsables une capacité à organiser et à rassembler les efforts des différents niveaux et natures d’intervenant (pompiers, urgences, police, gendarmerie, sécurité civile et, dans certains cas, l’armée) tant au plan national qu’international avec la problématique complexe des fonctionnements de systèmes nationaux côte à côte (interopérabilité) en prenant en compte les exigences de qualité de service, temps de latence, bande passante, routage et contraintes de mobilité.

 

Ces dernières années, l’accroissement du nombre de catastrophes majeures a fait apparaître de nouveaux besoins en matière de protection civile, exigeant de nouveaux moyens de communication à hauts débits permettant d’accroître les capacités de diagnostic, d’échanges d’information, de décision et d’implémentation des décisions.

 

La vidéo pour des comptes rendus d’interventions ou l’état des zones sinistrées, la  cartographie avec géolocalisation ou encore la télémédecine, l’imagerie haute définition, la consultation de bases de données sont des exemples de nouveaux services qui nécessitent des transmissions d’informations sécurisés à haut débit (plusieurs Mbits/s)

 

L’utilisation de nouveaux services hauts débits ainsi que l’interopérabilité des moyens de communications existants lors d’interventions conjointes permettront aux services d’urgence et de sécurité :

d’accroître leur efficacité opérationnelle lors des missions nationales comme au niveau Européen,
de rationaliser les investissements des moyens de communications.

1.    Les réseaux PMR actuellement déployés

Les réseaux PMR (Professional Mobile Radiocommunications) utilisés par les services d’urgence et de sécurité sont des réseaux privés qui présentent un haut niveau de sécurité, tant en termes de confidentialité qu’en termes de qualité de service.

Ces réseaux utilisent aujourd’hui des technologies numériques et supportent des services complets de phonie, mais ne proposent que des services de transmission de données à bas débit (de 1 à 10 kbits/s), ceci à cause de leur faible largeur de bande.

A la fois aux États-Unis (Telecom Industry Association – SAM et IOTA) et en Europe (TETRA2 – TEDS), des évolutions sont déjà proposées pour élargir la bande passante des réseaux de communication utilisés dans le cadre des missions de sécurité civile. Cependant, ces évolutions (bande passante de 25 kHz à 200 kHz) ne permettent pas l’introduction de nouveaux services et de supporter les exigences des applications associées dont entre autres une grande bande passante et un accès temps réel aux données d’une manière flexible et sécurisée.

De plus, au niveau Européen, l’interopérabilité des moyens de communications lors d’interventions conjointes des unités de sécurité civile n’est pas garantie du fait des différentes technologies utilisées au plan national. En effet, en raison de sa nature sensible et de la conception traditionnelle de la sécurité comme une prérogative nationale, le marché européen des services et des produits de sécurité est profondément fragmenté et souvent incompatible.

2.    Nouvelle technologie pour la radio haut débit

Les études innovantes dans ce domaine portent sur une famille de normes, certaines encore en cours d’élaboration, définissant des connexions à haut débit par voie hertzienne : le standard IEEE 802.16 ou WiMax

Le WiMAX (acronyme pour Worldwide Interoperability for Microwave Access) représente une réponse pour des connexions sans-fil à haut débit sur des zones de couverture de plusieurs kilomètres, permettant des usages en situation fixe ou en mobilité. A noter que la couverture radio peut être étendue en utilisant des fréquences en dessous de 1Ghz, ce qui devrait être possible en Europe grâce aux futures fréquences libérées par le passage au numérique de la télévision (propositions relatives au dividende numérique)

La révision IEEE 802.16e (WiMAX mobile) prévoit la possibilité de connecter des clients mobiles au réseau Internet et de bénéficier de l’universalité du protocole IP (Internet Protocol) qui permet de mutualiser sur le même raccordement des flux qui autrefois étaient séparés.

La couverture, la mobilité et les débits pouvant être offerts à terme, ainsi que l’hypothèse de coûts industriels et d’installations réduits, ouvrent la voie à de nombreuses applications pour le WiMAX dans le cadre des missions de sécurité civile, comme la mise en place progressive d’un réseau ad-hoc (i.e. non basés sur des infrastructures fixes) de communication haut débit, permettant un déploiement temporaire et rapide (solution compacte et transportable), en toute indépendance des réseaux commerciaux téléphoniques, GSM, hertziens ou autres.

WiMAX est exploitable à la fois au niveau des réseaux de transport et de collecte ainsi que des réseaux de desserte. Pour la collecte, la connexion entre les sites d’émission/réception peut se faire via une dorsale radio (hertzienne).

3.    Interopérabilité et la radio logicielle

Une nouvelle technologie radio innovante, la radio logicielle (en anglais Software Defined Radio (SDR)) permettrait d’améliorer l’interopérabilité des systèmes de communication entre les services d’urgence et de sécurité.

Issu du programme américain JTRS (Joint Tactical Radio System), une radio logicielle est un récepteur et émetteur radio réalisé principalement par logiciel (filtrage, décimation, démodulation, décodage, …) et dans une moindre mesure par matériel (conversion et numérisation du signal)

Cela confère une universalité et une grande adaptabilité à l’émetteur/récepteur. En effet, il suffit de changer ou d’adapter le logiciel pour fonctionner avec un système radio différent.

Le SCA (Software Communications Architecture) définit un cadre d’architecture ouverte (au sens logiciel du terme) qui décrit comment les différents composants de la radio logiciel s’interfacent et interagissent entre eux. Le domaine des radios logicielles est en constant développement, pour traiter par exemple les problèmes de sécurité complexes désignés par le terme « multi-niveaux » : La radio logicielle ayant pour but de regrouper au sein d’un même poste des transmissions de voix et de données à divers niveaux de confidentialité.

La technologie de radio logicielle permettrait d’offrir sur un même matériel polyvalent tout un éventail de services de communication large bande, supportée par une forme d’onde haut débit sécurisée basée sur du WiMax, adaptée aux opérations en coalition et développée afin de proposer le futur standard Européen de l’interopérabilité radio des services de sécurité.

En perspective, la radio logicielle ouvre la voie à la «radio cognitive», qui permettrait de détecter et reconnaître son cadre d’utilisation, d’être programmée pour ajuster ses paramètres de fonctionnement radio de façon dynamique et autonome, et d’apprendre des résultats de ses actions et de son cadre environnemental d’exploitation (exemple : gestion du spectre)

4.    Le projet EULER

EULER  (European software defined radio for wireless in joint security operations) est un projet Européen collaboratif de Recherche et Développement soutenu par l’U.E. (7e programme-cadre)

EULER utilise le potentiel de la radio logicielle et les dernières techniques radio à haut débit pour créer un système de communication plus agile, interopérable et robuste utilisable en situation de crise et d’après crise.

4.1.    Consortium

Démarré en mars 2009, pour une durée de 36 mois, le projet EULER rassemble 18 partenaires Européens, dont les principaux industriels à la pointe des développements dans les techniques radio sans fil haut débit et la technologie SDR, ainsi que des centres universitaires et de recherche pour stimuler l’innovation.

Le projet EULER s’appuie sur un groupe d’utilisateurs Européens représentatifs des forces de sécurité, afin de valider et d’harmoniser une liste d’exigences représentative des besoins attendus lors des opérations conjointes, dans les domaines des transmissions radio haut débit et de l’interopérabilité des moyens de communications existants.

L’Espagne (INDRA avec le ministère de l’Intérieur espagnol), la France (EADS et THALES avec le ministère de l’intérieur français, l’école nationale des officiers des sapeurs pompiers et le Celar), l’Italie (SELEX et ElSAG-Datamat avec la protection civile et la fondation Ugo Bordini), la Suède (SAAB avec la protection civile), le Royaume Uni (EADS Astrium avec le NPIA) et les Pays Bas (TNO avec la gendarmerie et les pompiers).

4.2.    Approche technique


L’approche technique adoptée pour EULER est la suivante :

  • Définition d’une forme d’onde haut débit basée sur un sous ensemble du standard 802.16e 2005, sous ensemble à la fois performant et en adéquation avec les performances des plate formes cibles pour la réalisation d’une démonstration finale
  • Utilisation de la technologie Radio Logicielle, basée sur une architecture SCA, permettant l’implémentation d’un nouveau modèle de développement, ou les développements logiciels applicatifs font abstraction du matériel
  • Réalisation d’une démonstration finale, avec la mise en œuvre de services haut débit sur une dorsale radio formé par des plateformes SRD hétérogènes, la réalisation de communications entre systèmes COTS TETRA et WiMax et un centre de commandement déporté via une liaison satellite.

Bruno Calvet
Thales Communications SA – Coordinateur du projet Euler 

  

 

Agenda

Date et Lieu Evénement Pour en savoir plus

 

 

4 au 6 février 2010
Fiera di Roma
Salon SAT Expo Europe

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9 mars 2010
Telecom ParisTech
Objets communicants et intelligents

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25 mars 2010
Telecom ParisTech
ipod – iphone – ipad : La révolution en marche

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14 au 16 avril 2010
Espace Champerret
Le Salon Européen des Solutions de Téléphonie IP Open Source Asterisk

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20 avril 2010
ECHANGEUR
L’intelligence Artificielle au service de la relation client

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