Jean-Jacques URBAN-GALLINDO  –  Forum ATENA  –   décembre 2025

Depuis début 2020, quand le projet HDH a fait l’actualité, j’ai régulièrement publié, sur ce site, des articles qui critiquaient la conduite de ses choix techniques en raison notamment de son choix du Cloud Azure de Microsoft pour le stockage des données.
Le rapport de la Cour des Comptes du 11 septembre 2025 (1) conforte l’appréciation de ceux qui comme moi ont tenté de redresser sa trajectoire:

« LES ENJEUX DE SOUVERAINETÉ DES SYSTÈMES D’INFORMATION CIVILS DE L’ÉTAT » (1) consacre les pages 81 à 86 au HDH.

3.3.3.6 Vers une alternative souveraine à compter de 2026 ?

Après de multiples décisions de portage sur un cloud souverain, la première en 2020, toutes non suivies d’effet, il interroge la volonté réelle de s’y engager : les mesures concrètes pour y parvenir ne sont pas visibles. 
La criticité des données cette application est confirmée.
Annexe n° 5. Chronologie des textes et contentieux juridiques autour de l’hébergement des données de la plateforme des données de santé
Le choix de cette solution Azure a été largement critiquée par sa précipitation et l’opacité des motivations qui ont conduit aux choix.

Alors que le rapport Villani de 2018 (2) donnait la priorité à des développements préservant la valeur toute particulière de nos données (3) de santé, le projet HDH n’a pas respecté cette orientation et il n’a pas assuré le rôle de « moteur » qu’il aurait pu jouer dans le développement de toute une filière naissante d’analyse des données avec les techniques d’IA neuronale.Les espoirs de découvertes majeures pour la santé et l’identification de sources potentielles d’efficacité par de meilleures allocations de ressources, notamment par le développement de la prévention sont pourtant une motivation puissante qui pourrait stimuler les chercheurs.
La découverte de nouvelles molécules constitue un « capital » dont il est préférable que la propriété intellectuelle appartienne à des laboratoires français.

Que pourrait-on, que devrait-on faire ?

Si j’avais une quelconque possibilité de recommander une stratégie, voici quelle serait ma feuille de route :

  1. Choisir le domaine des données de santé comme une priorité de développement des technologies de partage des informations précieuses (« Cloud »)
  2. Développer les outils d’Intelligence Artificielle pour tirer la quintessence de la « valeur » des données et informations disponibles grâce à notre système de santé
  3. Construire un plan progressif d’acquisition des compétences en analyse de données et IA pour nous mettre, en quelques années, au niveau des meilleurs, « à la chinoise » !
  4. Sélectionner les domaines applicatifs pouvant être développés avec les compétences déjà acquises d’équipes françaises
  5. Mettre en perspective les domaines qui sont pour le moment hors de portée avec les technologies « maitrisées », qui devraient stimuler des recherches et des progrès des algorithmes et outils

L’appel d’offres pour un site souverain, lancé à mi-année, a-t-il été rédigé dans cet esprit ? 
Je ne sais n’ayant pas eu l’opportunité de l’analyser.
Espérons-le, pour tourner la page et ouvrir un chapitre participant à notre souveraineté numérique !

(1) https://www.ccomptes.fr/sites/default/files/2025-10/20251031-S2025-1479-Enjeux-souverainete-des-SI-civils-de-l-Etat.pdf
(2) https://www.vie-publique.fr/files/rapport/pdf/184000159.pdf
(3) Les « données », « pétrole du XXI ème siècle. Des données de qualité sont le socle des outils d’IA